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Le monde est vraiment mal fait…

On manque déjà de donneurs et donneuses de gamètes, et voilà qu’avec le projet de révision de la loi bioéthique, on parle de détruire le stock existant puisqu’on ne pourra plus garantir l’anonymat des donneurs… c’est à se cogner la tête contre les murs.

J’envisage de donner mes ovocytes (s’ils valent quelque chose, pas sûre vu notre parcours), c’est quelque chose pour lequel je veux encore me donner le temps de la réflexion – et je n’ai rien contre la levée de l’anonymat – mais c’est clair que personne ne va se taper une stim et une ponction si ça risque de finir à la poubelle.

Ce monde est décidément très très mal fait

http://www.slate.fr/story/180264/don-gametes-ovocytes-spermatozoides-revision-loi-bioethique-levee-anonymat-destruction-stocks

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Et si le labo s’était trompé ?

Qui ne s’est jamais demandé ça ?

Je vous résume mon raisonnement : Pendant la grossesse des jumeaux, j’ai vu le film sur les bébés échangés à la naissance « ils ont échangé mon enfant » et j’ai bien sûr aussi vu et revu « La vie est un long fleuve tranquille ».

Et comme je suis persuadée que la malchance nous poursuit(vra), je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si les embryons transférés étaient bien les nôtres.

Ma fille me ressemble paraît-il beaucoup mais notre fils pas tant que ça, et puis son teint est assez bronzé ce qui n est pas vraiment notre cas.

Vous voyez où je veux en venir…

Et si le labo s’était trompé ? Dans les gamètes ou les embryons ?

Maintenant que nos bébés sont là, il fallait que je m’ôte ce doute de la tête sans quoi la question m’aurait hantée jusqu’à ma mort.

Depuis le drame de notre vie, j’ai lu et relu des tonnes de choses sur la génétique, fait des tests ADN en tout genre pour connaître mes origines ethniques, mes traits physique et autres aspects personnels (gouts, humeur etc) liés à mes gènes, et savoir si j’étais porteuse de maladie.

J’ai donc tapé sur Google « test de paternité ». Bien qu’en France ça soit illégal sauf si un juge le demande, on peut tout faire par internet (en prenant quand même le risque que la douane nous chope et nous embête).

Je me suis donc encore une fois délestée de 200€ et quelques pour commander un kit de coton tiges.

En lisant les petites lignes de leur site internet (parce que moi je lis beaucoup les petites lignes) je me rend compte que mes doutes sont bien fondés : il y a bien des erreurs en PMA (désolée je crois que je vais en faire flipper plus d’une).

Nous avons donc reçu nos cotons tiges, et attendu de faire un voyage à l’étranger pour renvoyer le matos au labo de Londres (et éviter au passage de se faire toper par la douane française).

Quelques jours plus tard, les résultats étaient là et ouf, nos bébés sont bien les nôtres (avec une probabilité de plusieurs centaines de milliards que ce résultat soit faux).

Tant mieux parce qu’à vrai dire on n’avait pas vraiment réfléchi à ce qu’il ce serait passé sinon.

J’avais juste besoin de calmer un peu la parano qui sommeille en moi ☺️

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La mere que je ne veux pas être

1/ Celle qui caresse son ventre rond ou vient avec son nourrisson dans la salle d’attente de la PMA #pute

2/ Celle qui colle « bébé à bord « sur sa voiture #gnnnniiiiiii

Mes neveux et nièces m’ont demandé l’autre jour pourquoi je n’avais pas collé cette merde sur ma voiture – en me disant que comme ça les gens feraient plus attention- je leur ai dit que tout simplement même quand on n’a pas d’enfants, on n’a pas envie de se faire tamponner. Et que quand on n’arrive pas à avoir d’enfant, ça nous fait très mal de voir les autres se la péter à toutes les sauces.

3/ Celle qui permet de se définir comme « une mère » sous entendue un être supérieur aux nullipares- alors qu’elle est aussi, et avant tout, une femme. (pour dire « j’ai des enfants » elle dit « je suis maman » re #gnnniiiii)

4/ Celle qui n’a pas sa photo de profil mais celle de ses enfants sur Facebook et qui donc, semble t’il, n’existe plus en tant qu’individu

5/ Celle qui ne sait plus jamais parler d’elle au singulier – qui ne parle que de ses enfants quand on lui demande comment ELLE va

6/ Celle qui se laisse aller, prend des kilos et se ne lave plus les cheveux parce que « quand on a des enfants on n’a plus le temps de rien faire hihihihiiiii »

7/ Celle qui ne soutient pas moralement ses enfants et qui au contraire, les enfonce (ma mère)

8/ Celle qui ne sait pas dire je t’aime, pardon, j’avais tort, je suis fière de toi (encore ma mére)

9/ Celle qui hurle sur ses enfants quand ils sont chiants (oui je sais c’est facile à dire, mais je suis choquée parfois en voyant mon beau-frère engueuler ses enfants pour des choses franchement pas grave) ou qui leur dit « tu me saoules » – dire de telles choses à mes enfants après les avoir attendus et désirés si longtemps me parait inimaginable (encore une fois facile à dire je sais)

10/ Celle qui n’a plus de vie de couple

Vous voyez autre chose à ajouter sur la liste ?

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La fin du voyage (grossesse jumeaux 10/10)

Voici la suite et fin du récit de ma grossesse, je la publie le jour anniversaire de mon transfert gagnant, le 3 mai 2018 : une journée merveilleuse à Paris qui a changé notre destin pour toujours.

Après la rupture de la poche des eaux, les jours passés à serrer les cuisses se sont transformés en semaine. Moi qui pensait qu’on me ferait accoucher sous 24h…

Un ou deux monitos par jour, 2 prises de sang par semaine, 1 prélèvement vaginal et 1 écho par semaine. Pour la maman hypocondriaque angoissée que je suis, c’était le paradis. En plus, je suis frileuse et à l’hôpital il fait bien chaud (alors que dehors bah c’était novembre et décembre – brrr), et enfin moi qui déteste cuisiner – en particulier avec mon régime de diabète gestationel – tout était calculé pour moi par une nutritionniste et préparé par les cuisines de l’hôpital, puis livré dans ma chambre. Et franchement c’était plutôt bon.

Pourtant, les inquiétudes n’ont pas cessé  : le bébé du bas ne grandissait plus depuis la perte des eaux, et le risque d’attraper une infection par « en bas » était permanent.

J’ai rédigé un projet de naissance qui disait en gros : Nous avons perdu notre premier enfant, c’est le drame de notre vie, on ne s’en remettra jamais 💔. J’ai aussi perdu une très bonne amie lors de son accouchement parce que l’anesthésiste était bourrée et l’a intubée dans les voies digestives lors de sa césarienne sous AG 😢… Donc par pitié, ne laissez aucune place au risque et aux erreurs humaines. Et s’il faut choisir entre la mère et les enfants, sauvez les bébés d’abord. Nous ne pourrons pas survivre à la perte d’un autre bébé.

Ensuite, j’ai regardé sur internet des exemples de projets de naissance pour voir ce que j’aurais pu oublier et j’ai halluciné de voir les demandes habituelles : musique douces, lumière tamisée, diffuseur d’huile essentielles dans la salle d’accouchement. Ah ouais les meufs ? C’est ça vos priorités ? On ne vit clairement pas dans le même monde. Il est un monde des Bisounours que je ne connaîtrais jamais, une insouciance que j’ai perdu il y a bien longtemps.

9 décembre 2018 : 34SA

Ce jour là, j’avais enfin franchi tous les caps si effrayants avant celui de l’accouchement (test de grossesse ++, cap des 12SA, échos qui peuvent tout faire basculer & amniocentèse), le risque de grande prématurité étant terminé.

J’ai donc envoyé un sms à ma famille qui disait en gros : « Salut, je suis enceinte, il y a deux bébés, amniocentèse Ok, c’est pour bientôt, pas de questions svp, je vous en dirai plus quand je serai prête ». Ils m’ont félicitée, dit qu’ils s’en doutaient depuis quelques temps et qu’ils comprenaient. OUF. Je sais bien que ce n’est pas l’annonce de grossesse rêvée, mais honnêtement j’aurais pu attendre après l’accouchement si je n’avais pas eu peur de créer plus d’ des histoires de famille.

De son coté Mr Zéro avait prévenu sa famille à 33SA, sans leur dire que c’était pour bientôt, ni leur dire qu’il y avait deux bébés. Je ne vous raconte pas l’HALLU quand ils ont eu la nouvelle de la naissance deux semaines plus tard 😜.

A 34SA donc, Mr Zero qui faisait des allers retours maison-travail-hôpital depuis plus de 2 semaines est venu avec du matériel pour faire de la déco de noël. On a passé une heure à être crafty et faire une magnifique couronne d’eucalyptus à feuilles rondes. Ça m’a mis d’une humeur délicieuse et j’ai mis des décos de noël un peu partout dans ma chambre d’hôpital.

 

10 décembre 2018 :  34SA+1

On me refait une écho qui confirme que le bébé du bas ne grandissait plus. On me parle de déclenchement à 35SA et on me propose de choisir entre déclenchement et césa (vu mon projet de naissance).  On y refléchit avec un gros penchant pour la césarienne, mais une sage femme me dit que je vais peut être me mettre en travail spontanément avant, puisque j’ai commencé à avoir des petits saignements.

Voici l’intégralité des objets de puéricultures qu’on possédait déjà à ce stade…C’est vous dire si on était prêts 😁

11 décembre 2018 : 34SA+2

Je suis réveillée par une contraction inhabituelle. Une sage femme m’avait dit « Vous verrez… quand ce sera des vraies contractions, vous le saurez« . Je crois bien que celle là en est une. Je regarde l’heure, 2h23. Bien, attendons la suite. 20 min plus tard, une autre. Ouille, c’est supportable mais je dois même serrer bien fort les barreaux de mon lit. J’appuie sur la sonnette. « Bonjour Mme la sage femme, je vous informe que j’ai eu 2 contractions douloureuses espacées de 20min » .  Je crois qu’elle m’a pris pour une petite joueuse « ok rappelez moi si ça s’accélère ».

Une heure plus tard je la rappelle car elles se sont espacées de 15, puis 10 puis 8 min. Je choisis de ne pas appeler Mr Zéro pour le stresser pour rien, autant qu’il dorme le plus longtemps possible, même si au fond de moi, je sais que je suis bientôt mûre 🤗. Elle me fait 30 min de monito qui confirme que j’ai quelques contractions même si ce n’est pas non plus un champ de bataille. Elle hésite à m’examiner à cause du fameux risque d’infection mais finit par le faire quand même : elle a raison car je suis déjà dilatée à 3-4. Elle me donne le feu vert pour appeler Mr Zéro avant de me descendre en salle d’accouchement. It’s ON !

Il est environ 4h30 du matin quand j’appelle Mr Zéro. Je lui parle doucement, d’une voix très zen (inhabituel chez moi) pour ne pas le paniquer « J’ai des contractions, je suis dilatée à 3-4, ils vont me descendre en salle d’accouchement, il faut que tu viennes…Tranquille on a le temps, mais je crois bien que nos canetons vont arriver aujourd’hui« .  Il s’est levé, habillé, mis une grosse dose de croquettes au chat et 8 min plus tard il était dans sa voiture. Zou !

Pendant le trajet sur mon lit à roulettes jusqu’à la salle d’accouchement, soit deux petits étages à descendre par l’ascenseur – il y a pire – je morfle avec les contractions à chaque pas de porte, entrée/sortie d’ascenseur. J’ai pensé très fort à ces pauvres femmes à qui on aurait dit de rester chez elle parce que des contractions espacées toutes les 8 min ce n’est pas suffisant pour venir accoucher, et celles qui se tapent des trajets en voiture avec beaucoup plus de bosses et de minutes que mon petit trajet de lit à roulettes !

5h du matin, Mr Zéro est arrivé en salle d’accouchement numéro 4, et on me pose la péridurale. J’écoute ma playlist « Hôpital good mood » concoctée tout spécialement pour l’occasion, et ne pas laisser les émotions douloureuses de mon dernier accouchement m’envahir. Le travail avance très vite, comme la dernière fois, et la péri fonctionne à merveille. Je suis détendue.

Changement d’équipe à 7h30, je retrouve Sophie, une des sages femmes qui m’avaient accueillie le jour où j’avais perdu les eaux. Elle entre dans la chambre au moment où j’écoute la chanson de noël de Maria Carrey « Baby all I want for Christmas is yoooouuuu« , m’examine et me dit que je suis à dilation complète, qu’elle voit les cheveux du premier bébé et qu’on va donc aller s’installer au bloc. Je retient mes larmes devant elle, mais quelle emotion ! Je remets la musique en route et j’écoute ensuite La Valse à Mille Temps de Jacques Brel. Depuis, ces deux chansons me rappellent cette merveilleuse journée et je ne peux pas m’empêcher de pleurer de bonheur à chaudes larmes quand je les entends (ce que Mr Zéro trouve dé-bi-le, surtout pour la chanson de Maria Carrey 🙂 ).

À 8h et quelques, me voilà donc au bloc, les 4 fers en l’air. Les accouchements de jumeaux se font toujours au bloc au cas où on ait besoin de césariser d’urgence pour la naissance du 2e.

Je pousse 2 ou 3 fois, sans avoir l’impression de le faire car je ne sens rien à cause de la péri, et sans que je me rende compte de quoi que ce soit…. le bébé du bas est sorti… et on me dit « C’est une petite fille ». Le temps s’arrête, un torrent de larmes m’inonde (je pleure en l’écrivant d’ailleurs). Moi qui ait toujours voulu une petite fille…moi qui ait perdu ma première fille…moi qui pensait que ce bébé était un petit garçon… un bonheur immense m’envahit, je sanglotte à chaudes larmes, je lui dit que je l’aime, lui souhaite la bienvenue, je suis dans un état incroyable. Elle ne crie pas mais ouvre ses yeux et emet un son , juste ce qu’il nous faut pour nous rassurer.

Un petit bisous et la sage femme l’emmène déjà dans la salle d’à côté où se trouvent les pédiatres.

On doit se dépêcher pour faire naitre son jumeau ou sa jumelle.

Ce bébé qui était en position tranverse ne veut pas descendre. Le gynéco finit par intervenir en perçant la poche des eaux avant d’introduire son bras (ou les deux) et de remuer mes boyaux sans dessus dessous pour l’attraper. Merci la péri. C’est une sensation très étrange, je pousse des grognements mais je n’ai pas mal. Je regarde Mr Zéro pour lui dire en rigolant « toi ça va ? » et l’équipe soignante le trouve un peu pâle et décide de le faire sortir. Quoooiiii ? 

Il reviendra juste après que le gynéco ait sorti le bébé après l’avoir attrapé par les pieds. A son tour il ouvre les yeux, me regarde et fait un petit bruit. Je regarde entre ses jambes et c’est un petit garçon !

Nous sommes le 11 décembre 2018, Mr et Mme Zéro ont maintenant trois enfants : une au ciel et deux dans les bras. 👼🏻👧👦❤️❤️❤️🌈🌈

ps : Pour la petite anecdote, nos canetons sont nés le même jour que ceux de Lolly, ma fausse jumelle de PMA. Même gynéco, même hôpital pour la FIV, ponctionnée 2 semaines après moi mais transférée 2 semaines avant moi (à cause de mon hyperstim). Elle m’a souhaité du bien pendant toute sa grossesse sans savoir que je la suivais de très très près 😊. Merci copine !

ps2 : nous avons passé un mois en neonat après la naissance. Aujourd’hui les bébés ont presque 5 mois et vont très bien.

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Fin du 7e mois : un pas de géant (Grossesse jumeaux 9/10)

Article écrit le 3 décembre 2018

Il s’en est passé des choses au mois de novembre.

La Toussaint d’abord : pas une personne de ma famille n’a pensé à nous envoyer de message pour nous dire qu’ils pensaient à notre petite fille. Au bout de la 3e photo de ma nièce déguisée en princesse à Disneyland j’ai répondu qu’elle en avait de la chance cette petite fille, que moi aussi j’aurais aimé qu’on n’oublie pas notre princesse à nous, en particulier le jour de la fête des morts.

Réponse de ma sœur : je ne t’adresserai plus la parole, mes enfants n’ont pas à payer pour la mort de ta fille.

Réponse de ma mère : silence radio pendant 10 jours jusqu’à mon anniversaire, où elle finit par me tenir à peu près le même discours.

Réponse de mon père : bien sûr que je pense tous les jours à ta fille….Pourtant, un mois plus tard, il nous dit fièrement qu’il a fait un arbre généalogique en ligne. Mes 4 neveux et nièces y figurent tous mais pas ma fille, mon bébé d’amour.

Pourtant ma famille est venue à la crémation, ils l’ont vue, ils savent qu’elle est sur notre livret de famille et que je souffre chaque minute qui passe sans elle.

Cœur brisé, piétiné, une fois de plus…

Je ne suis donc vraiment pas pressée de leur annoncer cette nouvelle grossesse. J’ai le sentiment qu’ils ne méritent pas leur statut de grand parents / tantes. Que s’ils ne sont là que pour les vivants alors ce sera sans nous. Mon chéri essaie de calmer les choses, il faut dire que j’ai tourné le dos à tellement de monde depuis ce drame… il ne reste plus grand monde qui ne m’a pas mis de coup de poignard dans le cœur.

A part ça, début novembre nous avons fait une écho avec une radiologue référente à Bordeaux. Elle nous avait fait une écho et IRM pour ma fille et se souvenait très bien de nous. Les mesures étaient parfaites, elle nous a beaucoup rassuré en disant « je crois qu’il faut vous préparer à avoir des jumeaux » (larmes d’émotions ++++ chez Mr Zéro et moi même) et nous a avoué que depuis 2 ans elle était intimement persuadée qu’elle nous reverrait un jour et que nous donner ce genre de nouvelles aujourd’hui étaient une des raisons pour lesquelles elle aimait son métier. Quelle gentillesse.

On est ressortis de là très très très très émus et je le suis encore en repensant à ce moment 🙂.

Puis il y a eu l’amniocentese, le lendemain. Dans la même pièce que celle de ma fille, il y a un peu moins de 2 ans (larmes à nouveau). Sur internet les femmes disent souvent que c’est un geste très rapide et pas douloureux. Ça n’a pas été mon cas. Très très douloureux, gestes interminables (il m’a semblé que ça durait 10min à chaque fois), elle a dû piquer deux fois car jumeaux dans des poches séparées. J’ai fait un malaise vagal pour le premier.

C’était un très mauvais moment à passer mais c’était nécessaire.

On m’a parlé d’un premier test préliminaire qui pourrait nous donner des premiers résultats rapidement en attendant le test moléculaire complet. Je leur ai dit que mon anniversaire était quelques jours plus tard et donc qu’une bonne nouvelle serait la bienvenue.

Mais les jours ont passé et à mon anniversaire le téléphone n’avait toujours pas sonné.

Mon chéri a fini par appeler le généticien sur son portable un samedi. Ce n’était pas lui qui gérait ce test là mais il a dit « ne pas avoir obtenu les résultats escomptés » au test préliminaire et qu’il fallait donc attendre le test moléculaire complet la semaine suivante. Ça veut dire quoi exactement « pas obtenu les résultats escomptés » ???????

Retour au fond du fond du seau. Larmes ++++, crise d’angoisse, envie de suicide, annulation du dîner d’anniversaire etc.

On s’est imaginé les pires scénarios, revivre une IMG etc. On s’en ait voulu d’avoir attendu si longtemps pour l’amniocentese. J’ai encore pleuré pendant 3 jours, comme après les 2 échos du 5e/6e mois qui m’avait inquiétée.

Finalement le 15 novembre les résultats définitifs sont tombés et TOUT VA BIEN. Pas de récidive de la maladie de notre fille.

Le premier test préliminaire était très sensible et avait été parasité donc le résultat n’était pas lisible. Énorme soulagement, le plus grand pas franchi depuis le test de grossesse.

On décide à ce moment là d’attendre la T3 le 26 novembre pour demander les sexes et commencer à prévenir nos familles et quelques proches de la grossesse.

Dans l’immédiat on l’annonce quand même à deux amis proches qui sont venus manger à la maison. Ils avaient bien sûr vu mon ventre d’arrondir au fil des mois mais avaient eu la gentillesse de ne pas me poser de questions.

Une semaine après les résultats de l’amniocentese, jeudi 22 novembre, alors que je fais la sieste à midi, je sens un liquide chaud qui s’écoule entre mes jambes. Je fonce au toilettes et voit le liquide transparent s’écouler le long de les jambes laissant de petites flaques sur mon passage. Pas de doute, je perds du liquide amniotique. J’en suis à 31SA+4.

Je quitte les toilettes en marchant comme un crabe en tenant du PQ entre mes jambes pour appeler chéri chéri, la main toute tremblante.

Il est en pleine réunion, interrompt son boss pour lui dire « j’ai une urgence » avant de se barrer en courant. Boss bouche bée car toujours pas au courant de ma grossesse…

Chéri chéri arrive à la vitesse de la lumière et on fonce à la clinique.

Première tristesse : la sage femme qui nous accueille est celle qui était là le jour de notre IMG. Je ne l’avais jamais revue depuis et vu les circonstances j’aurais préféré avoir quelqu’un d’autre ce jour là.

Je crois qu’elle ne m’a pas tout de suite reconnue. Elle nous dit qu’on va s’installer dans la salle d’accouchement numéro 5… Deuxième tristesse : c’est la salle où j’ai accouché de ma fille. Encore un torrent de larmes.

On lui explique qu’on veut une autre salle et elle nous en donne une sans problème, puis plus tard elle m’a dit de souvenir de notre fille, de son prénom etc.

Par chance c’est mon gynéco qui est de garde, il m’examine et fait des tests pour confirmer que c’est bien du liquide amniotique. Ensuite le Samu m’a transférée au CHU qui est une maternité de niveau 3, indispensable vu le terme.

Je remercie le ciel d’avoir perdu les eaux un jour ou les gilets jaunes ne bloquaient pas les routes (quoique le Samu m’a dit que j’aurais peut être eu droit à un pick up en helico, next time 😉).

Je suis donc hospitalisée pour menace d’accouchement prématuré depuis 10 jours.

Le bébé du bas a percé sa poche mais il refabrique du liquide en permanence (et je continue d’en perdre un peu tous les jours – vives les couches pour femme joliment appelée « garnitures » par le personnel soignant). Les bébés vont bien et je n’ai pas trop de contractions et suis très surveillée. Je suis très zen car le terme n’est pas trop critique, et je suis au meilleur endroit pour la sécurité de mes bébés. J’espère juste que Mr Zéro ne sera bloqué par les gilets jaunes si j’accouche en urgence.

Je dois tenir encore mini 1 semaine et maximum 3.

Nous allons attendre la naissance pour savoir les sexes.

Familles et amis toujours pas prévenus, il va falloir le faire mais je repousse sans cesse.

Hier nous avons passé un autre cap: 33SA, terme auquel j’ai perdu ma fille.

Grand yoyo émotionnel mais chaque jour qui passe nous rapproche de nos canetons qui j’espère naîtront en bonne santé❤️.

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6 mois de grossesse (jumeaux 8/10)

Article écrit fin octobre / début novembre 2018

J’entame tout juste le 7e mois et le 3e trimestre. OUF!

Depuis mon dernier article, je n’ai pas eu le courage d’écrire car l’écho morphologique a révélé que les périmètres crâniens de nos bébés n’étaient pas grands (17ème et 29eme percentile), et à l’écho de contrôle deux semaines plus tard c’était encore moins (13e et 24e).

Ces valeurs sont dans la « normale » mais notre fille avait un PC au 3e percentile, ce qui nous avait fait faire plus de tests pour enfin découvrir sa maladie génétique gravissime et rarissime. Les autres enfants atteints de cette maladie sont tous nés vivants et non diagnostiqués car leurs périmètres crâniens n’étaient pas si petits pendant les grossesses et il n’y a aucune autre anomalie visible à l’échographie. On peut donc avoir cette maladie et des mesures normales ou bien « petites dans la normale ».

J’ai donc passé près d’un mois au fond du seau, à angoisser, à regretter de ne pas avoir fait l’amniocentese plus tôt. J’ai mis 3 jours à me remettre de chacune de ces échos et j’ai versé beaucoup beaucoup beaucoup de larmes entre temps.

Finalement la semaine dernière, à 27SA+4 une nouvelle écho de contrôle de la croissance (que j’ai failli annuler – trop peur) les mesures étaient plus rassurantes (29e et 61e percentile) même docteur, même machine. Gros soulagement même si on sait que seule l’amnio pourra lever complètement le doute.

Je pense que toutes les séances de psy du monde n’auraient jamais pu me soulager, mais ça oui.

Pendant 4-5 jours j’ai retrouvé une confiance perdue depuis longtemps – mais aujourd’hui gros gros coup de blues. Je viens d’apprendre l’accouchement d’une amie (que je ne vois plus depuis que j’ai appris sa grossesse). Je ne voulais pas savoir, et je me le suis pris en plein dans la face. Ils ont déjà un enfant vivant, et nous non. J’ai l’impression que la chance sourit toujours aux mêmes et que cette nouvelle va nous porter malheur (bah oui parce qu’il faut bien que la malchance tombe sur quelqu’un et il semblerait que nous sommes de parfaites victimes ayant déjà une petite fille au ciel 😭). Je ne me remets pas de cette annonce.

Je fais tellement d’efforts pour ne pas être confrontée au bonheur des autres, et de même ne pas étaler ma grossesse au yeux du monde, je me suis tellement isolée … et pourtant PAF dans ma gueule ! Mon château de cartes s’est effondré.

A part ça j’ai du diabète gestationnel. Resultat : je dois me piquer le doigt pour le faire saigner 6 fois par jour et mesurer ma glycémie. On refait le point dans 10 jours pour voir si j’ai besoin d’insuline. D’ici la, fini le Nutella, les brioches, le chocolat etc. Heureusement j’avais fait le plein les jours avant le test, parce que je le sentais venir ce diabète !

D’ailleurs j’en suis à +11kg.

Mais je prend ce problème comme une simple formalité. Contrairement aux anomalies génétiques, je peux maîtriser mon diabète et j’ai confiance en ma volonté. Je n’en suis plus à quelques piqûres près, et ça ne va durer que 10-11 semaines max. Et après un régime de 3 mois sans gluten accompagné de nausées j’ai l’impression -pour l’instant- que le régime diabétique n’est pas si difficile.

J’ai quand même dit à Mr Zéro quand il bouffait un gâteau devant moi que quand il aura une cyrose je ne me gênerais pas pour boire de la bière devant lui (même si je n’aime pas ça).

Reste 5 grandes étapes avant de pouvoir y croire.

Le mois de novembre va être décisif car écho expert, amniocentese et T3. Pour moi, les plus grands dangers sont là.

Puis il ne restera plus que le risque de prématurité et de l’accouchement, soucis qui ne me préoccupent pas du tout pour le moment. On verra en décembre.

Nombre de personnes au courant en dehors du monde médical : 3 (une copine maman endeuillée elle aussi, femme de ménage, mon DRH).

Toujours pas capable d’en parler à qui que ce soit. Aucun achat de fait. Pas envie de trop me projeter.

Je le regretterai sûrement un jour si ça se termine bien, mais ayant vécu l’inverse (sans pour autant avoir vécu une grossesse simple qui me permettait de beaucoup me projeter) je ne peux pas faire autrement.

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Mi-chemin (Grossesse jumeaux 7/10)

La suite de mon récit dont vous connaissez déjà la fin 😉….

Me voilà rendue à 22SA+1 (4 mois et demi). Le compte à rebours vers le terme a commencé depuis 2 semaines (terme pour jumeaux 38SA soit 8 mois et une semaine de grossesse).

Je ne peux m’empêcher de compter les étapes où on peut encore nous apprendre une mauvaise nouvelle :

1.écho T2

2.écho expert 29SA

3. Amniocentèse vers 30-32SA

4. écho T3

5. risques d’accouchement prématuré car grossesse gémellaire avant 34SA

6. risques à l’accouchement tout court

Même si la route est encore longue, je félicite régulièrement mes canetons pour le chemin parcouru jusqu’ici. Chaque petite étape de franchie est une petite célébration :

🎉 Ils ont survécus à 2 autres épisodes de petits saignements marrons (portant le nombre à 4 épisodes jusqu’ici) jusqu’à 4 mois de grossesse. Depuis : plus rien, mais je reste très prudente, et je scrute le fond de ma culotte sans arrêt. Les deux derniers saignements étaient sans doute dûs à mes efforts pour aller à la selle, étant -comme toujours- hyper constipée.  Le magnésium n’aidant pas, je prends désormais du Forlax tous les jours et ça va beaucoup mieux.

🎉 L’écho morpho précoce à 18SA s’est plutôt bien passée. Un des bébés est plus petit que l’autre, bien sûr ça m’inquiétait. Pour me rassurer la gynéco, à qui on avait dit qu’on ne voulait pas connaitre le sexe avant d’avoir les résultats de l’amniocentèse (pour ne pas trop se projeter) a voulu nous rassurer en disant que la différence de taille pouvait s’expliquer en général par « une différence de sexe ». Bon bah c’est loupé pour la surprise !! Et on pense savoir où est le garçon car il nous montre ses couilles à chaque écho. Mais bon, j’essaie de continuer à faire comme si on ne savait pas ! 🙈 🙊 🙉

🎉 Nous avons aussi passé un DPNI qui est OK, pas de trisomie 13,18 ou 21. Gros soulagement même si ce n’est pas ces maladies là qu’on redoute le plus. J’ai eu l’impression que mon ventre s’est mis à sortir d’un coup après ces résultats, même si d’après les mesures que je prends chaque semaine, il n’y a pas eu de poussée fulgurante de bide à ce moment là.

🎉 Hier, à 22SA, nos bébés entraient officiellement dans notre livret de famille (et me donnaient aussi accès au congé maternité) quoiqu’il arrive ensuite. C’est la triste réalité des couples ayant vécu le deuil périnatal. Avant 22SA, les bébés ne comptaient pas aux yeux de l’administration.

Pourvu qu’ils reste au chaud au moins jusqu’à 36SA….

Les canetons bougent bien et ça nous ravit à chaque fois. Leur papa est le plus gentil du monde avec moi, il fait presque tout dans la maison pour que je ne me fatigue pas et que je ne porte rien de lourd. C’est un amour et je lui dis souvent que je le dirai à nos enfants.

Il a pris quelques kilos depuis le début de la grossesse : 5kg les deux premiers mois, mais il en a reperdu 2 depuis. Il parait que c’est typique chez les hommes qui ont vécu l’infertilité et/ou la perte d’un bébé… Mais je ne sais pas pourquoi, ça me fait super plaisir qu’il prenne des kg avec moi.

Nous avons commencé les cours d’haptonomie et je crois que ce n’est pas pour moi. La sage femme dit qu’elle les sens bouger quand elle met sa main alors que je ne sens rien. Les « invitations » m’ont l’air d’être du bullshit mais du moment que je les sens bouger à d’autres moments, ça me suffit. Monsieur Zéro lui a l’air d’apprécier qu’on le fasse participer et je suis contente qu’on prenne ce temps pour nos bébés ensemble. De temps en temps, il leur lit une histoire pour enfant dans sa langue maternelle, je ne comprends pas tout mais j’ai le sourire jusqu’aux oreilles en entendant ses petites mimiques et en me projetant sur cette réalité d’après.

A part ça, nous ne l’avons toujours annoncé à personne ou presque (une amie venue cet été qui a perdu son bébé et qui essaye à nouveau – je ne voulais pas qu’elle soit blessée en me voyant – et la femme de ménage- en ajoutant à chaque fois « pas envie d’en parler »). Les quelques amis qui viennent à la maison régulièrement ont bien sûr remarqué, mais n’ont rien dit. Je les aime pour ça. Ils savent bien que c’est un sujet délicat et n’essayent pas de me tirer les vers du nez.

Mon père qui habite loin voulait passer nous voir et j’ai dit qu’on ne serait pas là, je sais qu’il reviendra quand je lui dirai :). Je n’ai vraiment confiance en PERSONNE en ce qui concerne mon souhait de ne pas avoir des questions / commentaires / conseils sur la grossesse, donc mon choix est ferme et radical : on ne l’annonce à personne avant d’avoir passé la T3, et on se garde la gémellité comme surprise après la naissance.